Publié sur la Dépéche du 01/08/2008
Saint-Gaudens.

Le Grand Prix du Comminges
une Histoire d‘amour qui dure

Evénement. Il y a 60 ans, le 1er août 1948, le circuit du Comminges accueillait son 14e Grand Prix.

Un Grand Prix pour un grand événement. Hors normes. Le 1er août 1948, le 14e Grand Prix du Comminges confirmait après-guerre le redémarrage de cette épreuve inscrite au calendrier des grandes compétitions automobiles.

Avec plus de 60 000 spectateurs, ce Grand Prix, «devenu un monument, aimé par toute une région, fut un immense succès populaire.» Michel Ribet, passionné de sports mécaniques et président de l'Ecurie automobile du Comminges, à la suite de méticuleuses recherches à travers le monde, témoigne aujourd'hui de l'engouement d'alors. «Dès le samedi pour les essais autos et motos, la foule arrive par trains spéciaux de Toulouse, Bayonne, Pau, Tarbes, tous les moyens de locomotion de l'époque sont utilisés pour venir en famille assister au Comminges». Bref, une véritable histoire d'amour.

Plus qu'un rendez-vous sportif, le Grand Prix saint-gaudinois favorise la communion. L'événement devient fédérateur, à une époque où les Français ont besoin de réconciliation. Ce que précise M. Ribet. «Dans la soirée, des feux de camps s'allument par centaines autour du circuit de 11 km, des chants, des airs d'accordéons remontent sur le plateau de la Caoue où se trouvent des milliers de curieux qui regardent ce spectacle. La ville est animée, il y a de l'ambiance partout, les pilotes logent chez l'habitant, les restaurateurs servent au même tarif le «menu Grand Prix», le Café français, siège de l'organisation, est entouré par des centaines de personnes qui peuvent échanger avec les grands champions…»
60 ans plus tard, 1er août 2008. La passion demeure. Avec son lot d'actions concrètes et de projets pour entretenir la mémoire et un patrimoine local qui ne demande qu'à vivre.

Du prestige de l'Age d'or aux Grands Prix historiques

Le circuit du Comminges, c'est aussi le prestige. De grands noms ont marqué l'histoire de ce Grand Prix. D'abord des pilotes, les meilleurs du monde. Trintignant, Villoresi, Etancelin, Pozzi, Ascari, Williams… Et des marques automobiles tout aussi évocatrices. Ferrari, Maserati, Bugatti, Talbot, Alfa Romeo, Delage, Delahaye… Seul Fangio n'a jamais couru à Saint-Gaudens. Le pilote argentin, pas encore au sommet de sa gloire, avait déclaré forfait pour le Grand Prix du Cominges… en 1948.
Pour rattacher tout ce passé à la vie saint-gaudinoise, Michel Ribet et son club ont saisi l'occasion de faire revivre le circuit, le temps de différentes rétrospectives. La première, en 1985, a rassemblé 22 000 personnes. C'est dire l'intérêt que portent les Commingeois à leur circuit, une institution remise au goût du jour. D'ailleurs, en 2002, la rétrospective a connu le même engouement familial. Pour mémoire, de 1925 à 1954, 18 Grands Prix autos et 15 Grands Prix motos ont été organisés sur « le Comminges », attirant à chaque fois des milliers de spectateurs. En 1955, à la suite d'un accident mortel aux 24 Heures du Mans et pour des raisons de sécurité, la majorité des circuits en France ont dû fermer. Dont celui de Saint-Gaudens.





Un musée à vocation touristique
L'ambition est à la hauteur du projet. Michel Ribet se bat pour qu'un musée sorte de terre, un musée sur l'histoire du circuit du Comminges, un passé non seulement à transmettre aux plus jeunes mais aussi dans l'idée d'entretenir un patrimoine culturel et social.
Depuis 1979, le président de l'association (créée en 1975 avec une bande d'amis et pilotes licenciés à Nogaro) a rassemblé une somme inestimable d'archives, de documents de toutes sortes témoignant d'une véritable culture automobile commingeoise. Des petites histoires qui ont alimenté la grande, des témoignages récupérés, minutieusement et avec patience, parfois à l'autre bout du monde. «Ce projet de musée me tient à cœur. Au-delà des recherches que j'ai effectuées, j'ai obtenu des aides d'anciens pilotes, de femmes de pilotes», confie Michel Ribet.
Aussi, ce musée pourrait s'implanter en prolongement des tribunes actuelles du circuit, qui bénéficient d'un panorama exceptionnel. Sans oublier cette volonté d'associer ce musée à une politique touristique. Et donc économique. D'ailleurs, Michel Ribet participera à une table ronde, à la rentrée, pour finaliser ce projet.

Une écurie taillée
pour la compétition

Grâce à l'Ecurie automobile du Comminges (EAC), le sport automobile conserve sa raison d'exister dans le Saint-Gaudinois. Avec en prime Jean Alesi comme membre d'honneur, l'EAC est un club qui porte les jeunes pilotes actuels (licenciés FFSA), quelles que soient leur discipline. A l'image de Nicolas Fourment (du team Colomb Events, en Legend cars).
L'EAC, c'est aussi un partenariat et un réseau de professionnels. Avec le Karting-Club du Comminges (et son président Jérôme Garcia) et des pilotes comme Mike Parisy, leader actuel de la Coupe Porsche (Carrera Cup). Ou des clubs européens qui transitent par la France et le Saint-Gaudinois lorsqu'ils organisent des rallyes.
Bref, Michel Ribet a réussi son pari de faire vivre au sein d'un même club deux entités, l'une associative, l'autre sportive. Sans oublier des bénévoles, tous passionnés, et une municipalité qui semble vouloir accompagner l'Ecurie automobile du Comminges dans ses projets.